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Route du rhum de Guadeloupe : de 37,5° à 70° à ras bord !

Pourquoi la Guadeloupe accueille-t-elle les navigateurs de la Route du Rhum ?

En 1975, les initiateurs de la Route du Rhum choisissent Saint Malo, la cité corsaire, comme point de départ de cette course au large en solitaire. Pointe à Pitre, en Guadeloupe, sera le port d’arrivée. Historiquement, à partir de 1720, le trafic maritime depuis St Malo ralliait la Guadeloupe pour le commerce des esclaves notamment. Le rhum était la boisson des marins embarqués pour la traversée de l’Atlantique. C’était aussi celle des esclaves travaillant dans les plantations de cannes à sucre antillaises.

parcours de la Route du Rhum sur le globe terrestre

Comment le rhum de Guadeloupe va-t-il inspirer les organisateurs ?

Dans l’imaginaire collectif, cette eau de vie est associée aux pirates et flibustiers du XVIIème siècle, dont c’était, dit-on, la boisson favorite. A l’époque, il était surtout très risqué pour la santé de boire de l’eau ! Le rhum a-t-il souffert de cette mauvaise réputation ?

Le rhum et la traversée de l’Atlantique pour éviter un naufrage

En 1975, l’objectif recherché est de redynamiser le marché du rhum, en fort déclin. L’idée de créer un évènement, porteur pour l’économie de la Guadeloupe, est lancée.

Bernard Haas, secrétaire général du syndicat des rhumiers et des producteurs de sucre des Antilles et Florent de Kersauson, le frère du navigateur Olivier de Kersauson, échangent alors sur la perspective d’une course transatlantique, en solitaire, entre la France et les Antilles.

En tant que territoire français d’Outre-mer, la Guadeloupe, riche de ses nombreuses distilleries, est privilégiée. La Guadeloupe n’est pas la seule région productrice de rhum. L’essentiel de l’offre est produit dans les Caraïbes d’où le spiritueux est originaire. Le plus ancien domaine sucrier recensé (1636) se trouve à la Barbade et appartient à la distillerie Foursquare, la plus ancienne de l’île également (1737).

Le rhum de Guadeloupe : un produit emblématique et festif de la culture créole

En 2015, la Guadeloupe a obtenu le label IGP (Indication géographique protégée) pour ses rhums.

En plus d’être un spiritueux aux multiples variantes (rhum blanc, ambré, brun ; rhum vieux, rhum arrangé), le rhum évoque aujourd’hui, le soleil, la musique créole, les plages de l’arc antillais et un goût de paradis tropical.

Qui n’a pas rêvé de déguster un délicieux Ti punch, face à la mer des Caraïbes, les pieds nus dans le sable chaud ?

L’arrivée de la course, à Pointe à Pitre, est la promesse d’un moment festif et d’une récompense bien méritée après une traversée semée d’embûches.

La course du rhum sur le marché français des spiritueux : quel classement en 2022 ?

Sur l’ensemble du marché français des vins et spiritueux, le rhum gagne des places au classement des boissons alcoolisées les plus consommées. Cependant, la fréquence de  consommation de rhum est moins élevée que celle de whisky (1ère position) ou d’alcools anisés (2ème position). Les consommateurs apprécient les  rhums moins alcoolisés ainsi que les moins sucrés. Pour en savoir plus, l’agence SOWINE réalise chaque année un état des lieux de la consommation de spiritueux en France.

Baromètre SOWINE DYNATA - Spiritueux - 2022

La tendance est à la préférence pour les rhums premiums.

Un marché spéculatif a vu le jour et valorise notamment les rhums d’exception, comme cette bouteille de Caroni 1974 – 34 ans d’âge, adjugée à 4100 euros le 1er novembre 2022, sur le site de ventes aux enchères Rum Trades.

Le site Spirit Radar permet de comparer les prix et la disponibilité de quelques 55 000 bouteilles. Les cavistes ne sont pas en reste avec, en moyenne, entre 1500 et 5000 références de rhums originaires de 55 pays. Certaines productions, comme celle de Rangiroa, en Polynésie, font figure d’exception tant le territoire de culture de la canne à sucre est réduit.

Les rhums de mélasse, d’origine latino-américaine, gagnent des parts de marché.

 La grande mode du mojito et des cocktails d’origine cubaine, a certainement contribué à l’augmentation des ventes de rhums d’origine latino-américaine (Cuba, République Dominicaine etc.). Les rhums de mélasse représentent à peu près 90% de la production mondiale.

En France, la valorisation des territoires de production du rhum, AOC ou IGP, ajoute un plus à la reconnaissance du produit. Mais ce n’est pas le cas pour ceux en provenance des pays latino-américains. Savoir décrypter les étiquettes permet d’éviter quelques mauvaises surprises, y compris lors de la dégustation ! Quelques conseils : https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/sur-piste-rhum 

Communiquer sur le rhum : défi relevé !

Les producteurs de rhum ne sont pas autorisés à sponsoriser les bateaux participants à la Route du Rhum. En effet, depuis 1990, la publicité pour les boissons alcoolisées est interdite lors d’évènements sportifs (loi Evin). Ils se sont donc réinventés et sont bien présents sur les évènements festifs (festivals, soirées évènementielles, salons professionnels). Le rhum a même son festival : le Rhumfest de Paris.

Cette image à la fois festive, qualitative et premium touche un public de plus en plus large. La créativité marketing, dans les visuels des étiquettes et le storytelling de marque, séduit. Le rhum distillé localement, en France, a aussi le vent en poupe !

La Route du Rhum a-t-elle un impact sur la consommation de rhum ?

La Route du Rhum offre l’occasion de découvrir les richesses guadeloupéennes, dont la production de ses 11 distilleries (Marie Galante inclue). Si on considère la consommation d’alcool sur les villages de la course, à St Malo comme à Pointe à Pitre,  nul doute que le rhum coule à flot ! Quant à conclure que tous les 4 ans, il y a un pic de commandes  pendant l’évènement, il faudra le vérifier cette année !

Sugarbirds de Guadeloupe