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Ecriture inclusive et SEO : les bonnes pratiques 

Ecriture inclusive et SEO : quelles sont les bonnes pratiques ?

Au sommaire :

  1. Définition
  2. Pourquoi choisir l’écriture inclusive en rédaction de contenus pour le web ?
  3. Comment l’emploi d’une écriture inclusive impacte le SEO ?
  4. Conseils à mettre en pratique pour une écriture inclusive adaptée au SEO 
  5. Conclusion

Qu’appelle-t-on une écriture inclusive ?

L’écriture inclusive permet à tout type de lectorat d’être mieux identifié, sans distinction de sexe ou de genre. Le langage est en perpétuel évolution et l’écrit suit de près les changements de la langue orale. Au-delà des préoccupations grammaticales, c’est l’image de la société qui se reflète dans les mots qu’elle emploie. C’est pourquoi une écriture non genrée dépasse les règles d’usage du féminin et du masculin. Elle contribue ainsi à une représentation plus juste de la société en favorisant l’égalité entre tous et toutes.

Pourquoi choisir l’écriture inclusive en rédaction de contenu pour le web ?

La rédaction de contenu pour le web n’échappe pas à cet objectif : promouvoir l’inclusion. Pour y parvenir, le marketing digital dispose d’un outil indispensable : le persona. Le choix d’un public cible détermine la façon dont la communication va se mettre en place. Le plus souvent, la première question qui se pose, pour définir un persona, est : est-ce un homme ou une femme ? Plusieurs personas peuvent être concernés. A qui allez-vous vous adresser ? C’est dans le champ lexical choisi que va se jouer l’inclusion.

Plusieurs personas sont concernés par le contenu d'un article

Prenons l’exemple d’une communication destinée à un public mixte, au sens large. Tout le monde doit pouvoir se reconnaitre dans le sujet et dans vos propos.

Pour illustrer la différence entre une écriture genrée et une écriture non genrée, comparons le texte d’un article du journal Le Monde, signalé comme contenu genré, dont l’accès est limité pour les femmes, et la proposition d’écriture inclusive qui pourrait s’y appliquer.

Exemple d'un article genré

Extrait d'un article du journal Le Monde - bannière mentionnant que l'article est genré

Article publié le 06 février 2023 à 06h00 - Le Monde

Fin de vie : « Nous, professionnels de santé, disons haut et fort que l’aide médicale à mourir est un soin » A l’initiative de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, près de 500 soignants, infirmiers, aides-soignants, médecins et psychologues s’engagent, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une aide active à mourir, « dans un cadre strictement légal et encadré ».

Proposition de correction pour un article inclusif

Fin de vie : « Nous, membres des professions de santé, disons haut et fort que l’aide médicale à mourir est un soin »

A l’initiative de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, près de 500 soignant.e.s, médecins, infirmiers et infirmières, aides-soignant.e.s et psychologues s’engagent, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une aide active à mourir, « dans un cadre strictement légal et encadré ».

Usage des formules suivantes : noms épicènes, doublets et point pour l’abréviation.

La forme doit être cohérente avec le fond

Dans l’écriture inclusive, la forme est l’alliée du fond ! Le discours doit être cohérent avec le message à faire passer. Si ce n’est pas le cas, c’est l’effet inverse qui se produit : doute, impression de tromperie, malhonnêteté. C’est ce qui ressort de l’analyse du discours d’un grand groupe. Celui-ci s’adresse à une communauté sensible à la visibilité des femmes dans l’entreprenariat.

Etude de cas d'une publication genrée : article de présentation de la base BOLD

La Base BOLD est la première base de données mondiale, ouverte et innovante, conçue selon une approche scientifique, économique et sociale, qui a pour objectif de recenser et centraliser au sein d’une même base toutes les femmes entrepreneures aux quatre coins de la planète. 

La Base BOLD donne de la visibilité et de l’influence à toutes les femmes entrepreneures enregistrée sur la base, gratuitement. Elle est au profit de tout l’écosystème économique qui y voit une arme de développement économique et social : investisseurs, entrepreneurs, grands groupes, conseil d’administration, start-ups, journalistes, universitaires, institut d’études, institutionnels, chercheurs, étudiants, etc.

 

  • La Base BOLD est une technologie analytique et numérique à destination de tous, au profit des femmes entrepreneures dans le monde entier.
  • La Base BOLD est ouverte et destinée à être partagée par tous les utilisateurs inscrits à travers le monde. 
  • La Base BOLD est à but non lucratif. Toute utilisation des données de la Base BOLD à des fins commerciales ou lucratives est strictement interdite. 
  • Les données de la Base BOLD sont partagées volontairement par les femmes entrepreneures qui s’engagent à respecter les conditions générales d’utilisation et la Charte, notamment à ne partager que des données exactes, sincères et à jour. 
  • Les données de la Base BOLD sont mises à disposition des utilisateurs enregistrés  qui ont pris l’engagement de respecter les Conditions générales d’utilisation et la Charte, notamment à revêtir la qualité d’investisseur, d’entrepreneur, de journaliste, d’universitaire, d’institut d’études, d’institutionnel, d’étudiant, de chercheur, ou de tout  autre acteur de l’écosystème économique, entrepreneurial et sociétal et à utiliser les données uniquement au profit des femmes entrepreneures et de leur écosystème. Les utilisateurs s’engagent également, en cas d’utilisation des données de la Base BOLD, à partager leurs travaux avec l’ensemble des utilisateurs et à citer expressément la Base BOLD selon la formule recommandée « Base de données ouverte BOLD ».
  • Aucun contrôle d’identité ou de modération a priori des données de la Base BOLD n’est réalisé mais les utilisateurs sont invités à nous signaler tout contenu illicite. 
  • La Base BOLD est intégrée à un site Internet dont les usages sont régis par les Conditions générales d’utilisation qui précisent les droits et les de obligations  chaque utilisateur vis-à-vis de la Base BOLD et vis-à-vis des autres utilisateurs, incluant les femmes entrepreneures.

Le constat : un contenu non-inclusif

paragraphe n°1

« (…) investisseurs, entrepreneurs, grands groupes, conseil d’administration, start-ups, journalistes, universitaires, institut d’études, institutionnels, chercheurs, étudiants, etc. »

paragraphe n°2

« (…) d’investisseur, d’entrepreneur, de journaliste, d’universitaire, d’institut d’études, d’institutionnel, d’étudiant, de chercheur, ou de tout  autre acteur de l’écosystème économique, entrepreneurial et sociétal (…) »

L’usage de l’expression « femme entrepreneure » est plutôt maladroite. Utilise-t-on son équivalent « homme entrepreneur » ? Le nom féminin « entrepreneure » suffirait.

La répétition et le choix du nom « utilisateur », au masculin a fini par convaincre qu’il n’y avait dans cet écrit, aucune volonté d’inclusion.

Effet négatif sur la communication

Bien que BOLD ait des intentions tout à fait louables et généreuses, le contenu n’est absolument pas inclusif. La répétition de noms au masculin semble indiquer que ce texte est destiné à un lectorat masculin. Par extension, ce pourrait-il que cette base de données soit destinée à un public masculin ? L’objectif annoncé est-il sincère ?

Suggestions pour une communication plus inclusive et plus cohérente

Dans les deux paragraphes mentionnés, utiliser de préférence l’énumération suivante :

responsables d’investissement, entrepreneur.e.s, grandes entreprises, conseil d’administration, start-ups, journalistes, instituts d’études, communautés institutionnelles, universitaires, chercheurs et chercheuses, étudiant.e.s ou toute autre personne engagée dans l’écosystème économique, entrepreneurial et sociétal.

et au lieu d’utilisateur : membres affiliés, adhérent.e.s, utilisateurs et utilisatrices

Usage des formules suivantes : noms épicènes, alternance noms masculins et féminins, doublets et point pour l’abréviation.

Comment l’emploi d’une écriture inclusive impacte le SEO ?

Le choix d’une écriture inclusive va aussi déterminer le choix de mots clés. Le mot clé est-il neutre ? Est-ce que les internautes s’y retrouvent ? C’est une problématique dont se sont emparés les spécialistes de la création et rédaction de contenu éditorial pour le web. Chez Web Side Stories, c’est un vrai sujet.

Quel est le bilan des études menées sur le sujet ?

L’expérience d’une recherche d’après un nom de métier sur les moteurs de recherche est assez probante. Le nombre de recherches d’un nom de métier au masculin est supérieur à celui d’un nom au féminin. Voici un exemple de requêtes sur Google search :

Requêtes effectuées le 20/02/2023

  • Rédacteur web : 17 800 000 recherches
  • Rédactrice web : 5 250 000 recherches
  • Rédacteur et rédactrice web : 295 000 recherches

Deux raisons principales expliquent la prédominance des requêtes non inclusives

Du point de vue des internautes :

  1. l’usage du masculin pour le neutre qui fait que le nom masculin devient le nom générique ;
  2. le choix du masculin dans les mots clés, qui découle de la première observation.

Du point de vue des moteurs de recherche comme Google :

  1. une requête formulée en écriture inclusive donne des résultats relatifs à des contenus prenant en compte une écriture inclusive ;
  2. une requête écrite dans un langage non-inclusif obtiendra des résultats classiques (contenus inclusifs et contenus non inclusifs) ;
  3. les algorithmes de Google ne reconnaissent pas les usages typographiques du point médian ou autres marqueurs de l’écriture inclusive (tiret, slash, parenthèse, point séparateur).

L’écriture avec point médian pose également un problème aux logiciels de synthèse vocale. De ce fait, elle peut être considérée comme discriminante pour les internautes mal-voyants.

Il en est de même avec les pronoms de l’écriture non-binaire iel – ul – ille. Les correcteurs de rédaction ne comprennent pas cette écriture.

Sources :

Etude Google & agence Mots-Clés

L’écriture inclusive en France en 2021 : observatoire de l’opinion et des interrogations,  

Mars 2022

Conseils à mettre en pratique pour une écriture non genrée adaptée au SEO ?

Pour mettre en pratique une écriture non genrée en rédaction web SEO, voici quelques recommandations :

  • éviter l’usage des abréviations quand cela est possible (point médian, tiret, slash, parenthèses etc.) ;
  • préférer les mots épicènes, la forme englobante, les doublets, l’alternance, le féminin des noms, les reformulations.

Soigner les titres, sous-titres, méta description et URL en privilégiant :

  • l’énumération de genre ;
  • la forme englobante.

L’écriture non genrée avec l’application du point médian, par exemple, peut être utilisée dans le corps du texte, sans réel impact sur le SEO.

Le choix du champ lexical, l’usage de synonymes et l’attention au contenu non genré conduisent à produire un contenu plus précis et plus riche. Google appréciera mais c’est avant tout les internautes qui y seront sensibles.

Le choix de l’écriture inclusive est donc un défi éditorial au service d’une meilleure communication digitale et d’une cause sociétale.

Intégrer le choix de contenus rédactionnels inclusifs dans le cadre de la RSE (Responsabilité Sociétale et Environnementale)

L’usage de l’écriture inclusive est en marche mais encore exploratoire. La rédaction web inclusive n’est pas valorisée par le SEO mais il ne tient qu’à la communauté du digital d’en faire la promotion. Sans militantisme, il s’agit d’une vraie responsabilité sociétale publique comme privée. Retrouvez-les outils et ressources en liens utiles.